Police ou fonte?

La typo­gra­phie est un monde à part, un monde com­plexe et n’est pas typo­graphe qui veut. On pour­rait croire qu’une police de carac­tère est choisie de manière abs­traite: j’aime/j’aime pas alors qu’en réalité, ce sont la police et la fonte qui vont donner le ton à un texte, un titre, un logo. La police de carac­tère doit aussi offrir la meilleure lisi­bi­li­té pos­sible, facteur cri­tique de la qualité de mise en page de la publi­ca­tion.

En typo­gra­phie, deux termes reviennent inévi­ta­ble­ment et sont pour­tant régu­liè­re­ment confon­du: la police d’écriture et la fonte de carac­tère.

 

Quelle est la dif­fé­rence entre une police et une fonte?

 

La police cor­res­pond à un ensemble de glyphes (ce qui inclus lettres, chiffres, accents et signes de ponc­tua­tion), de tous corps (tailles), graisses, styles (romain, ita­lique, ombré, déco­ra­tif, etc.) confon­du.

Par exemple, Helvetica, Arial, Times New Roman sont des polices d’écriture.

On parle de fonte lorsque, dans une même police, l’ensemble des carac­tères ont les mêmes par­ti­cu­la­ri­tés de corps, graisses et styles.

Helvetica 55 Romain et Helvetica 75 Bold sont donc deux fontes dif­fé­rentes appar­te­nant à une seule et même police d’écriture: Helvetica.

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http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Helvetica_Neue_typeface_weights.svg

 

D’où vient la confu­sion?

 

Bien que le terme «fonte» soit parfois confon­du avec le terme anglais «font», l’origine de la confu­sion remonte à l’époque du plomb. D’un point de vue éty­mo­lo­gique la «fonte» est la méthode uti­li­sée à l’époque pour obtenir les carac­tères d’imprimerie en métal. Il s’agissait de couler un métal, géné­ra­le­ment du plomb, dans des moules. Les impri­meurs devaient alors com­man­der un jeu de fontes pour chaque corps sou­hai­té. Le jeu était défini par une police qui listait le nombre de carac­tères par fonte. 

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Metal_movable_type.jpg

A l’époque, le nombre de polices était rela­ti­ve­ment res­treint et les fontes se limi­taient au romain et à l’italique. La dis­tinc­tion est devenue néces­saire au XIXe siècle, lors de la révo­lu­tion indus­trielle. C’est à ce moment‐là que les annonces com­mer­ciales appa­raissent pour la pre­mière fois dans les jour­naux. La publi­ci­té média est née et avec elle la diver­si­té de polices pour se faire remar­quer du publique cible.